Pour que chaque entreprise devienne un média efficace

Vous reprendrez bien un peu de Klout ?!


Une table de Noël traditionnelle comme la communication avec la presseEn cette saison de fêtes, les plats traditionnels côtoient les expériences de nouvelle cuisine aux noms affriolants, avec plus ou moins de bonheur😉 Le confort de la valeur sure rivalise avec l’envie de changer de se démarquer et de ravir un plus large public.

Il me semble que le monde de la communication est aujourd’hui dans une situation similaire. Pas a cause de Noël, mais parce que tout le monde sent bien que plus rien ne sera jamais comme avant mais qu’il est bien difficile d’abandonner les vieilles recettes qui ont fait leurs preuves depuis si longtemps. Un des nouveaux plats qui arrive sur nos tables est le Klout. Ou plus exactement le ciblage des influenceurs, Klout n’étant qu’une des entreprises fournissant des services pour cet usage.

Mais je vois 3 problèmes dans certaines tentatives d’évolution, présentées ici par ordre croissant de risque d’offuscation du Père Noël !

Attention a l’éthique !

La mesure d'influence réduit des personnes a des nombresDécider de discuter avec une personne plutôt qu’une autre en se basant sur un score au mode de calcul plus qu’obscur, pouvant changer en fonction de « l’amabilité du sujet évalue envers le site qui l’évalue » ne me semble pas des plus ethnique.

Le fait que ces sites analysent ma vie privée ou celle de mes enfants pour arriver a ces scores non plus !

Cibler les influenceurs ne marche pas !

La popularité n'est pas de l'influencePlus grave (pour l’utilisateur), le principe même de ciblage d’influenceur est un leurre.

Même si les startup comme PeerIndex, Klout, TwentyFeet, Crowdbooster, Tweetstats ou autres n’ont exploité le filon technologique que récemment, le principe est beaucoup plus ancien (voir Influentials Theory) et a été popularise par Malcolm Gladwell dans son livre The Tipping Point. En théorie, convaincre un influenceur permet de convaincre tout son réseau de connaissances.

FastCompany a publié un article fascinant (Is the Tipping Point toast?) décrivant les expériences scientifiques de Duncan Watts, Directeur de Recherche chez Yahoo!, qui montrent toutes que la présence « d’influenceurs » dans un réseau de connaissances n’accroît en rien la probabilité qu’une campagne de bouche a oreille fonctionne, ni qu’une marque devienne « virale ». Le cheval de bataille de Watts est que les supporteurs de la théorie des influenceurs ont toujours été incapables d’expliquer par quels mécanismes une personne serait en mesure de créer une tendance plus efficacement que d’autres et ses travaux prouvent formellement le contraire : une tendance virale a autant de chance d’apparaître grâce a Mr ToutLeMonde que du fait de Lady Gaga (en revanche, lorsqu’une célébrité est a la source d’une tendance celle-ci voyage plus loin).

Conclusion : Un contenu de qualité est bien plus important que la recherche d’une star pour le promouvoir.

Changer peu empêche de changer en profondeur !

Le plus grave a mes yeux est que cette recherche d’influenceurs masque la nécessite réelle de changement en profondeur. La communication d’entreprise est passée d’une monde unilatéral et de masse a de la production de contenu riche et des discussions avec des humains sur leur terrain. Ce changement fait peur et le ciblage d’influenceurs entretient l’illusion qu’il suffit de continuer a pousser son message vers une élite (qui était autrefois la presse) pour maintenir le bateau a flot.

C’est faux et c’est dangereux. Klout n’y est pour rien et son score a des utilités dans le contexte de communautés closes. Mais voir la théorie des influenceurs comme un sauf-conduit est illusoire et risque. C’est adopter une innovation simple pour ne pas se réorganiser en profondeur.

La dinde n’y est pour rien

La nouvelle cuisine change les recettes mais pas les modes de consommationC’est la que la comparaison avec la cuisine de fête trouve ses limites. Parce qu’il ne s’agit pas tant d’une évolution des goûts de goûts de certains et d’une éventuelle lassitude envers les traditions mais bien d’un changement radical et profond de la consommation d’informations.

Ce n’est pas comme si les petits-enfants ne voulaient plus de la dinde farcie de grand-mère mais plutôt que chaque membre de la famille préfère partir en balade avec ses propres amis puis passer dire coucou a son heure. Changer la recette du plat principal ne servira a rien si personne n’est présent a l’heure prévue pour le déguster.

En revanche, s’assurer que tout le monde trouvera son plat préfère au moment ou il souhaite faire un saut a la maison est le meilleur moyen de s’assurer de voir tout le monde au final. On n’en est certes pas encore tout a fait là pour les fêtes familiales, mais c’est déjà bien engagé dans la communication d’entreprises. Alors prenons de bonnes résolutions pour l’an prochain !

Excellentes fêtes a tous🙂

Classé dans :Communication, Marketing, Opinion, Réseaux Sociaux

1 réponse »

Rétroliens

  1. I am not a number « L'Entreprise Média

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :